jeudi 14 janvier 2010

Report de la consultation publique prévue le mardi 19 janvier

Québec, le 14 janvier 2009 – Le comité exécutif de la Ville de Québec annonce le report de la consultation publique qui devait être tenue par la Commission consultative sur le schéma d’aménagement et de développement de la Ville, le mardi 19 janvier 2010. Cette consultation publique portait sur le projet de règlement R.A.V.Q. 492 visant l’agrandissement du périmètre d’urbanisation et la modification de certaines aires d’affectation.

« Le report de cette consultation est requis afin d’évaluer la cartographie du bassin versant de la prise d’eau de la Ville de Québec, car il y a divergence entre la cartographie produite par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs et celle produite par les services municipaux en raison des échelles utilisées, a précisé M. François Picard, vice-président au comité exécutif responsable de l’aménagement du territoire. Ce temps d’arrêt permettra également de prendre connaissance des résultats d’une étude confiée à un consultant par la Communauté métropolitaine de Québec. Celle-ci vise à connaître l’état de la situation du bassin versant de la prise d’eau de la rivière Saint-Charles. »

« De plus, nous souhaitons faire ces évaluations avec la collaboration de l’Association pour la protection de l’environnement du lac Saint-Charles (APEL), un organisme voué à la préservation et à la mise en valeur du bassin versant de la rivière Saint-Charles, a mentionné M. Picard. Depuis plusieurs années, l'APEL a contribué significativement à la protection des eaux de la rivière Saint-Charles. Cet organisme a la confiance de l'administration municipale. Leur engagement et leur expertise développés au fil des ans sont importants pour nous. »

« La protection de la prise d’eau potable de la Ville de Québec constitue une priorité indiscutable, a-t-il ajouté. En conséquence, toute action touchant le bassin versant doit être analysée et documentée afin d’assurer le meilleur contrôle de la ressource. »

Source : Marie-Christine Magnan
Service des communications
Ville de Québec

mardi 12 janvier 2010

On ouvre des dizaine d'hectare à l'étalement urbain, encore...

Le 23 décembre, un avis était publié dans le Soleil pour une consultation le 19 janvier (cliquez pour agrandir)
Le règlement, RAVQ 492, vient modifier un autre de la CUQ (communauté urbaine de Québec), le règlement 207. Les aires discutées sont pas mal grandes et plusieurs groupes ont bondi en voyant l'avis. C'est qu'ils sont pas mal tous en pente, et dans des secteurs boisés.

Voici une carte qui est sur le site de Quebec Urbain, le site dit que la carte vient de Accès transport viable :


Je vais prendre ce que je connais, le secteur 5. Si vous êtes sur le boulevard de la Capitale, secteur Beauport et que vous vous tournez vers le nord, vous voyez une montagne. Prenez la sortie Seigneuriale, et allez jusqu'au bout. Vous allez croiser la rue Ste-Thérèse. Peu après, le bois commence à apparaître. Et bien commencez à admirer parce que à partir de là jusqu'au stationnement des motoneige près des pylônes d'Hydro-Québec, on a l'intention de construire cela. Ce qui se fait comme méthode de construction dans ce coin-là, en voici des photos de Google Maps (cliquez pour agrandir) :

On voit la forêt rasée avec une belle ligne droite, tout propre... Plus de belle terre noire, que de la terre de remplissage. Je ne peux pas écrire ce qu'on m'a dit par crainte de me faire accuser de diffamation, mais ce que l'on ne peut voir sur ces photo c'est à quel point c'est en pente. J'ai une autre photo Google où l'on voit des coulisses de ruissellement au sud-ouest du terrain en coin de ce développement, notez qu'il y a deux buttes avant l'autre terrain plus bas, c'est vraiment pentu !
Des images, donc rien qui ne laisse à de fausses interprétations. Non loin de là, la rivière Beauport, qui a déjà son lot de problèmes de débordements. Il ne faut pas oublier que les réchauffements pendant l'hiver sont de plus en plus fréquents, causants d'autres problèmes de crues très difficiles à prévenir. La pratique actuelle pour les rivières à problème est de cisailler la glace d'avance pour assurer une crue normale. Mais on n'a pas de petite fée qui dit un mois d'avance qu'il y aura un réchauffement d'une semaine, mettons, le 10 février.

Construire dans un boisé en pente, c'est construire sur de l'eau, donc avoir des problèmes de ruissellement au printemps. C'est pas facile faire des maisons solides là-dedans avec nos hivers et la qualité de construction fournie pour les prix demandés. Tout ce ruissellement nous laisse avec des coûts d'entretien des infrastructures plus élevés, quand les pelles sont sorties de là et que c'est au tour de la ville de prendre la relève, avec nos taxes.

On dit que la demande pour du bungalow est encore élevée, malgré que l'on me dit que l'on ne trouve rien en bas de 350 000 $. Alors je suis perplexe, le nouveau quartier près de chez moi a vu des pancartes "à vendre" sur un nombre alarmant de maisons. Spéculation ? Sûrement un peu. Et il ne faut pas oublier que même si bien des travailleurs à Québec sont du public, cette part diminue doucement avec les sous-traitants qui sont bien implantés et qui subissent, eux, les haut et les bas de l'économie. De plus, on dit que le fédéral va bientôt ajouter des mesures afin que les prêts soient plus difficiles à obtenir pour une maison, afin de prévenir un crash comme celui des États-uniens.

Ce qui vous est souligné ici c'est les problèmes sur le terrain pour construire, et les problèmes qui pourraient poindre à moyen et long terme : ruissellement, débordements, courte vie des infrastructures routières. Une des missions principales d'une municipalité est de veiller à notre qualité de vie. Aménageons un centre-ville vert où les gens voudront habiter les terrains optimisés avec les stationnements sous les parcs, des habitations densifiées près de services, redonnons la ville aux piétons et cyclistes.

Il y a une demande aussi pour du logement, le taux d'inoccupation de de 0.6 % environ ces temps-ci. C'est critique selon le FRAPRU. C'est le rôle des municipalités de veiller à ce que nous puissions nous loger adéquatement, de dicter les règles et non de laisser la main invisible du système de l'offre et de la demande gérer tout et nous laisser avec le coût social à moyen et long terme.

Pour cela, il faut une volonté politique. Ces temps-ci elle rime avec Nordiques et olympiques...

lundi 4 janvier 2010

Boisé St-Émile, c'est moche !

Je ne peux pas m'empêcher d'en parler, c'est si près... J'ai su que c'était Construction Canadienne qui allait construire. Voici l'article et une carte du secteur (cliquez pour agrandir) :

Le soleil, 3 janvier 2010, Pierre-André Normandin

Boisé Saint-Émile: demande citoyenne ignorée


(Québec) Six mois avant que la Ville de Québec n'autorise la construction de maisons dans un boisé de Saint-Émile, de nombreux citoyens en demandaient pourtant la protection. C'est en effet l'une des deux principales revendications exprimées lors de la consultation publique menée au printemps sur le Plan vert, bleu, blanc.


En mai et en juin, la population était invitée à se prononcer sur ce projet de l'administration Labeaume, qui cherche à favoriser les activités de plein air dans la capitale. Si seulement 22 personnes ont participé au forum citoyen organisé le 13 juin, 111 personnes ont commenté le plan sur le site Internet de la Ville et 37 mémoires ont été déposés.


Rendu public seulement à la mi-décembre, le rapport sur cette consultation contient deux principales demandes : la sauvegarde des boisés de Saint-Émile «menacés par des projets immobiliers» et le développement d'endroits dédiés au vélo de montagne. Fait intéressant à noter, plusieurs personnes sondées ont lié les deux revendications, suggérant à la Ville de permettre la pratique de ce sport en pleine croissance dans ce secteur accidenté.


En fait, pas moins de 84 des 111 sondés ont appuyé ces deux demandes. En comparaison, seulement une personne a demandé la préservation du boisé Neilson, un enjeu qui a pourtant maintes fois défrayé les manchettes en 2009.


Mais voilà, Québec étant confrontée à une pénurie de terrains, les élus ont accepté lors du dernier conseil municipal d'ajouter une importante partie de ces boisés au périmètre d'urbanisation, cette limite à l'intérieur de laquelle la Ville peut se développer. L'espace ainsi rendu disponible à Saint-Émile pour les promoteurs immobiliers couvre 34 hectares, soit plus de deux fois la superficie de l'anneau de course sur les plaines d'Abraham.


Seuls deux conseillers se sont opposés à la décision de l'administration Labeaume, dont l'élu du secteur, Steeve Verret. Ce dernier soutenait que la bande forestière se trouvait à l'intérieur du bassin versant du lac Saint-Charles, principale source d'eau de la ville de Québec. L'argument avait été balayé par l'administration Labeaume, qui affirmait avoir obtenu l'assurance du contraire. Et donc que l'ajout de maisons n'aurait pas d'impact sur l'eau se trouvant dans la rivière.


Or, les deux tiers du boisé se trouveraient bel et bien dans le bassin versant, selon la carte diffusée par l'Association pour la protection de l'environnement du lac Saint-Charles. Celle-ci permet également de constater que le terrain rendu disponible à la construction se trouve à 1,5 km de la prise d'eau où s'abreuve la moitié de la population de Québec.


Depuis les fusions municipales, Saint-Émile a connu un fort développement résidentiel. Près de 900 maisons unifamiliales y ont été construites entre 2002 et 2008, la plus forte croissance de toute la ville.


Le rapport sur la consultation publique du Plan vert, bleu, blanc souligne d'ailleurs l'indignation de plusieurs sondés déçus par l'absence de projets pour le secteur. «Or, les habitants du quartier sont jeunes et actifs, alors qu'il manque d'infrastructures et d'espaces de loisir», peut-on lire parmi les commentaires. Lors du passage du Soleil, des gens étaient d'ailleurs à faire de la raquette dans les boisés pendant que des motoneigistes circulaient non loin.

lundi 7 décembre 2009

La forêt boréale Canadienne stocke deux fois plus de carbone que les forêts tropicales

Marais Oak Hammock, Man., 17 novembre 2009—Selon un nouveau rapport publié par l’Initiative boréale canadienne, la forêt boréale canadienne stocke presque deux fois plus de carbone à l’hectare que les forêts tropicales. Jusqu’à maintenant, ce nombre avait été largement sous-estimé. Pascal Badiou, chercheur de Canards Illimités Canada (CIC), est l’un des douze membres du groupe international d’experts scientifiques de la forêt boréale qui ont étudié le rapport.

« La forêt boréale est l’une des ressources en eau les plus précieuses du monde; elle est parsemée de millions de petits milieux humides et de lacs qui sont des habitats importants pour la sauvagine et d’autres espèces fauniques. Il s’agit en outre du plus important réservoir terrestre de carbone de la planète, de sorte qu’il joue un rôle clé dans le cycle mondial du carbone », a déclaré M. Badiou.

Le rapport, intitulé The Carbon the World Forgot, qualifie les forêts boréales de l’Amérique du Nord d’habitats essentiels pour d’importantes espèces de mammifères et de très importants réservoirs de carbone sur la planète. Globalement, ces forêts stockent 22 % de tout le carbone accumulé à la surface de la Terre, l’équivalent de 26 années d’émissions mondiales résultant de la combustion de combustibles fossiles. En plus de stocker le carbone dans les arbres, la matière organique accumulée depuis des millénaires est entreposée dans les tourbières et les régions de pergélisol. Une partie de ce carbone boréal est stockée sur place depuis 8 000 ans. Selon M. Badiou, plus de 60 % du carbone organique qui se trouve dans la région de la forêt boréale du Manitoba sont stockés dans les milliers de tourbières qui en couvrent la surface.

La forêt boréale canadienne est un écosystème riche en milieux humides, qui procure tous les ans des habitats de reproduction à 12 à 14 millions de canards. La forêt boréale de l’Ouest constitue aussi un habitat pour quelque 75 % de tous les canards du continent pendant la migration et les périodes de mue, et un habitat estival indispensable à la sauvagine nicheuse des Prairies pendant les années de sécheresse. Selon les planificateurs principaux de la conservation de Ducks Unlimited, la forêt boréale de l’Ouest au Canada est l’une des deux régions les plus prioritaires pour la sauvagine d’Amérique du Nord. Dans sa vision pour la forêt boréale du pays, CIC souhaite qu’elle reste intacte sur le plan écologique, et un habitat productif qui continuera d’assurer une grande diversité et une grande abondance de milieux humides, de sauvagine et autres oiseaux aquatiques.

« Par le passé, les négociations internationales ont largement porté sur le carbone stocké dans la végétation des forêts tropicales. Le rapport fait ressortir la nécessité de se concentrer sur les forêts boréales, et en particulier les tourbières qui s’y trouvent, lorsque nous entamerons une nouvelle série de négociations internationales », a commenté M. Badiou.

À la lumière de ces résultats, les auteurs du rapport insistent pour que les négociations internationales sur le carbone et la protection des forêts examinent des moyens de tenir compte des forêts boréales et de les protéger.

« La conservation peut s’avérer un outil important dans la lutte pour atténuer les changements climatiques, affirme Larry Innes, directeur général de l’Initiative boréale canadienne. Les protocoles internationaux et la législation doivent favoriser le maintien du carbone stocké dans le sol de la forêt boréale ainsi que les tourbières et les milieux humides intacts. Nous devons également permettre aux collectivités autochtones et locales de prendre les devants sur les manières de mieux conserver non seulement le carbone, mais aussi toute la gamme de valeurs écologiques, culturelles et économiques que représente la forêt boréale. »

Plus de 1 500 scientifiques internationaux, sous la gouverne du Groupe intergouvernemental d’experts des Nations Unies sur l’évolution du climat, ont recommandé en 2007 qu’au moins la moitié de la forêt boréale canadienne soit protégée contre de futures perturbations – surtout en vue de conserver intacts la réserve de carbone de la forêt boréale et les habitats sauvages d’importance planétaire. Malgré le manque actuel de protocoles internationaux, plusieurs gouvernements autochtones et provinciaux ainsi que le gouvernement fédéral ont pris des mesures importantes pour protéger des centaines de millions d’hectares de forêt boréale canadienne riche en carbone. Globalement, ces scientifiques recommandent la protection d’au moins 300 millions d’hectares.

Pour lire tout le rapport et les documents connexes, consultez le site http://www.borealbirds.org/carbonreport.shtml.

jeudi 3 décembre 2009

Changement d'endroit prochain conseil de quartier

Demande d'opinion projet de la rivière des Roches

Pour ceux qui souhaitent aller au prochain conseil de quartier NDL, veuillez noter qu'il se déroulera au centre communautaire Bon-Pasteur, au 395 Bienheureux Jean XXIII, que l'on trouve par la rue Georges-Muir, près de l'intersection avec le boulevard Henri-Bourassa.

La demande d'opinion concerne le fameux projet du sud de la rivière des Roches qui a fait les nouvelles récemment. Celui qui contient l'érablière des Loutres, qui fait partie des milieux naturels d'intérêt de la ville de Québec. Puisqu'une partie du projet semble-t-il est en zone agro-forestière, il faudrait recommencer le processus législatif pour corriger le tir. C'est l'opinion du conseil de quartier qui est demandée, mais bien sûr l'opinion des gens présents peut influencer le conseil.

Venez donc nombreux pour apprendre ce qui change et faire connaître vos inquiétudes aux membres du conseil de quartier le jeudi 10 décembre.

Pour plus d'information

Consultation pour le terrain vacant de la rue de Gaulle


Le conseil de quartier des Jésuites souhaite informer la population sur la situation de ce terrain et son potentiel de développement, puis permettre aux citoyennes et citoyens du quartier d’exprimer leur préférence entre les trois options les plus vraisemblables pour la vocation de ce terrain :

  • un développement résidentiel;
  • la division en lots vendus aux propriétaires des résidences adjacentes;
  • l’aménagement d’un espace vert public.
Samedi 5 décembre 2009, 13 h

Cégep Limoilou, campus de Charlesbourg
Salle Montaigne (porte 2)
1300 8e Avenue

Pour plus d'information

lundi 23 novembre 2009

Lettre de Jean Bousquet à la presse

Bonjour,

À la requête du Comité des arbres de Charlesbourg, j’ai procédé samedi à une reconnaissance sommaire des lieux ayant fait l’objet d’abattage d’arbres perdurant depuis le début du mois de novembre dans le secteur de la Rivière des Roches. Ces abattages n’auraient pas été autorisés selon les rapports dans les journaux. J’ai examiné les empilements de bois aux abords du chantier de coupe et d’ouverture de rue à l’intersection formée par les rues Des Grizzlis et Des Coyotes.

Un autre chantier de coupe a été constaté un peu plus au sud-est à l’intersection des rues Des Loutres et Des Tulipes (voir carte jointe). Le chantier principal de la rue Des Coyotes m’est apparu vaste, avec des abattages et ouvertures de rue couvrant plus d’un hectare et s’enfonçant sur quelques centaines de mètres dans le boisé. Le chantier était bien organisé avec la présence d’équipements lourds dispersés, des roulottes, et de grands panneaux publicitaires annonçant le projet et indiquant notamment que le boisé est protégé (sic “Boisée protégée”, voir plus bas).

À l’entrée principale du chantier, qui n’était ni clôturé ni ne mentionnait l’interdiction de passage, plusieurs empilements de bois ont été notés avec plusieurs troncs de forte dimension représentatifs d’épinette blanche ou d’épinette rouge, donc certains atteignaient les 65 cm de diamètre (2 mètres de circonférence), ce qui est considérable pour des épinettes (photos).

J’ai noté d’autres troncs de sapin et de bouleau. Des comptes de cernes annuels sur les plus gros troncs d’épinette de différents empilements, représentant en toute probabilité des arbres distincts, ont mené à des estimations allant de 100 à 150 ans. Les troncs les plus âgés étaient probablement d’épinette rouge de par la couleur caractéristique de l’écorce, témoignant de la croissance lente de ce grand conifère devenu rarissime sur le territoire de la Ville de Québec.


Le second secteur au coin des rues Des Loutres et Des Tulipes était plus en pente et témoignait également de coupes dans une petite érablière classée au Répertoire de milieux naturels d’intérêt de la Ville de Québec (2005) comme un secteur sensible et de grand intérêt qui aurait dû fait l’objet d’une conservation intégrale pour la récréation par exemple. L’ampleur constatée de l’abattage à cet endroit ne correspond en aucun point à de la protection ou de la conservation mais plutôt, à de l’ouverture de rues comme au premier endroit.

De par la taille et l’âge des arbres abattus au premier secteur et de par la nature classée du second secteur, on ne peut qualifier les lieux défrichés comme de simples terrains vagues ou de jeunes peuplements d’arbres sans valeur, comme certains pourraient l’affirmer. En outre, le milieu forestier visité est apparu de qualité, avec des sols riches et profonds permettant notamment à l’épinette rouge d’y être devenue centenaire, et une végétation variée comprenant notamment l’épinette, le sapin, le bouleau et l’érable selon les secteurs visités. J’ignore si la Ville de Québec a considéré sérieusement la qualité de l’érablière et la présence de conifères centenaires à cet endroit avant d’endosser le projet et son tracé de rues. Ou si elle aurait négligé de considérer ces aspects comme au Boisé Neilson en 2008, ou encore comme au printemps 2009 lors de l’autorisation d’une vaste construction ayant soulevé un tollé dans la pinède centenaire du boisé Pie XII à l’entrée du Parc Jacques-Cartier. Avec l’absence d’encadrement de la Ville de Québec, des coupes illégales de pins et de chênes de grande dimension et atteignant les 125 à 140 ans y ont eu cours, suivies d’amendes peu dissuasives et le feu vert pour la poursuite des travaux de construction.

Les présents lieux d’abattage comprenant une érablière classée et, de toute évidence, des conifères centenaires de grande taille auraient dû être protégés par la Ville de Québec, en plus d’un encadrement du chantier et des travaux de déboisement pour éviter les manquements aux règlements de la Ville de Québec rapportés dans les journaux. L’entrepreneur pourrait donc être fautif mais il apparaît que la Ville de Québec ait également une part importante de responsabilité dans cet autre disparition d’arbres centenaires. Elle n’apprend pas de ses erreurs malgré l’indignation générale du Conseil de Ville suite à l’abattage illégal d’arbres centenaires d’avril 2009 au Boisé Pie XII de Ste-Foy.

La Ville devrait être conséquente avec l’indignation de ses représentants politiques et son discours officiel sur la densification, et restreindre la réalisation de tels projets d’étalement urbain en milieu boisé. Si sa politique est réellement de continuer de les promouvoir comme ici, elle devrait cibler des terrains de faible valeur écologique, épargner sa ceinture verte et éviter les secteurs d’arbres centenaires et ceux qui sont classés au Répertoire de milieux naturels d’intérêt de la Ville de Québec. Il y va ici du gros bon sens et de celui des responsabilités vis-à-vis du développement durable. Surtout que la Ville de Québec marque un retard important par rapport à plusieurs autres villes canadiennes (ex. Vancouver, Ottawa-Gatineau, Sherbrooke) quant à la proportion de son territoire en parcs et boisés protégés, et encore plus particulièrement dans l’Arrondissement de Charlesbourg qui ne possède que peu ou pas de grands parcs pour une population de plus de 70,000, et alors que la ceinture verte résiduelle de Québec est attaquée de toutes parts par les développements.

Les photographies jointes peuvent être gracieusement utilisées en mentionnant la source.

Jean Bousquet, ing.f. Ph.D.
Professeur
Faculté de foresterie, géographie et géomatique
Université Laval

vendredi 20 novembre 2009

Affaires de coupe illégale d’arbres : Non-délivrance ou suspension du permis de construction

Québec, le 19 novembre 2009 – Dans l’affaire des coupes d’arbres non autorisées par des promoteurs immobiliers à Charlesbourg et devant la gravité des gestes répétés de désobéissance aux lois et aux avertissements de la Ville de Québec par des promoteurs immobiliers délinquants abattant illégalement des arbres, le Comité des arbres de Charlesbourg, le Comité des arbres de Sainte-Foy/Sillery, Aux arbres citoyens! et Forêt y voir! dénoncent cette situation d’anarchie et demandent que la Ville de Québec se fasse respecter dans les cas de projets immobiliers de 1 million de dollars ou plus, en imposant la non-délivrance ou la suspension du permis de construction et le retrait de tous les privilèges des promoteurs délinquants d’agir sur le territoire de Québec. L’attitude de ces promoteurs démontre de façon claire que les amendes imposées par le nouveau règlement d’urbanisme ne sont pas dissuasives dans les cas de coupe illégale d’arbres. En effet, une facture de quelques milliers ou dizaines de milliers de dollars en regard de projets de plusieurs millions ou dizaines de millions de dollars est quantité négligeable. Sans punition exemplaire, les constructeurs délinquants vont continuer de se placer au-dessus des lois et de considérer les amendes reçues comme un simple coût de construction.

Ce constat rejoint les recommandations mêmes de la Commission municipale sur l’Économie et l’Environnement en 2008 d’imposer des amendes beaucoup plus dissuasives aux promoteurs selon leur capacité de payer et la gravité des gestes posés. Ces recommandations ont été rejetées par l’administration Labeaume. Avec les différents scandales impliquant le secteur de la construction au Québec et les promesses du maire Labeaume quant à l’intégrité de son administration, l’administration Labeaume doit redresser la barre et résolument faire respecter la lettre ainsi que l’esprit des règlements de la Ville de Québec.

Le Comité des arbres de Charlesbourg est un comité de citoyens qui a pour mission de protéger, sensibiliser et promouvoir la plantation. Ce comité est 100 % bénévole et apolitique, composés de simples citoyens ainsi que de spécialistes en faune et flore. Pour information : arbrecharlesbourg@gmail.com

Le Comité des arbres de Sainte-Foy-Sillery a pour mission de sensibiliser la population concernant la protection et la promotion du patrimoine arboricole et des boisés urbains. Il résulte du regroupement de citoyens de différents districts ayant à cœur la présence des arbres comme instrument clé de l’amélioration de l’environnement urbain et de la qualité de vie des citoyens. Il rejoint en ce sens des objectifs que se sont donnés la plupart des villes compétitrices de Québec.
Pour information :
Dre Johanne Elsener DMV MSc, présidente, jelsener@live.ca.

"Aux arbres citoyens!" est un comité de citoyens qui oeuvre pour la protection des boisés urbains. Pour information:
Chantal Thivierge, présidente, cthivierge@ccapcable.com